
Jeudi 25 juin, s’est tenue l’Assemblée plénière de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. A cette occasion, Sandrine Chaix, vice-présidente déléguée au handicap, à l’action sociale, et à la lutte contre les violences faites aux femmes, a porté un vœu de l’exécutif régional dont l’objectif est de « protéger nos enfants face aux violences sexuelles et intrafamiliales, et garantir la sécurité de nos lycéens ».
Pour les élus UDI, Centristes et Apparentés, ce vœu permet de donner du poids à un combat essentiel : celui des violences faites aux femmes et aux enfants, alors que l’ensemble des responsables politiques considère comme nécessaire de faire évoluer un cadre législatif ne protégeant pas suffisamment les victimes.
Pour nous, c’est un sujet qui doit mobiliser tous les citoyens et doit être porté par tous les élus de façon transpartisane. C’est pourquoi notre groupe remercie l’adoption de ce vœu par tous les groupes politiques représentés dans l’hémicycle régional.
Un vœu enraciné dans l’actualité
Les nombreux drames survenus ces dernières années nous rappellent la réalité des violences sexuelles et intrafamiliales en France : chaque année, 160 000 victimes de violences sexuelles sont enregistrées par les services de police et 31% des violences sexuelles sur mineurs ont lieu dans un cadre familial. En 2024, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 272 400 victimes de violences conjugales et plus de la moitié des violences physiques recensées ont été commises dans la sphère familiale.
Face à ce constat alarmant, l’exécutif régional dénonce l’incapacité persistante de l’État à assurer la protection de ses citoyens et en particulier des plus vulnérables d’entre eux.
« Le mal français n’est pas seulement celui de la loi : il est aussi, et peut-être d’abord, celui de l’efficacité. A quoi sert une plainte si elle est classée sans suite ? Près des trois quarts des plaintes pour violences sexuelles sur mineur connaîtraient ce sort. A quoi sert un signalement s’il se perd entre les institutions ? A quoi sert d’entendre les enfants et les mères si on ne tient pas compte de leur témoignage et que l’on ne les protège pas ? ».
Un vœu motivé par le besoin de prévention et de protection.
Pour Sandrine Chaix, ces récents drames reflètent l’ensemble des failles structurelles du système judiciaire et son incapacité à prendre en compte les plaintes. Selon elle, « c’est bien la première promesse de la République qui est ici en jeu. Protéger les plus vulnérables et d’abord les enfants n’est pas une politique publique parmi d’autres : c’est la raison d’être de l’État et le socle du pacte social qui nous unit. Chaque fois qu’un enfant n’est pas protégé, c’est ce pacte qui se fissure et c’est la confiance des citoyens envers les institutions qui s’effrite ».
Elle a également rappelé que la Région détient une compétence dans la gestion des lycées. La Région est en effet l’employeur des agents qui travaillent dans les lycées et doit donc veiller à ce que ces personnes ne présentent pas de danger pour les adolescents. Toutefois, Sandrine Chaix montre les difficultés de cette tâche : bien qu’elle agisse déjà en interne pour sécuriser les établissements, lutter contre le harcèlement scolaire et contre les violences faites aux femmes, la Région ne dispose pas, contrairement à l’État, des fichiers et outils lui permettant d’identifier des profils dangereux lors de son recrutement. Le vœu est donc motivé par la nécessité pour la Région d’être soutenue par l’État dans son travail de prévention et de protection.
Enfin, Sandrine Chaix rend hommage aux agents engagés au quotidien auprès de ces élèves. Elle rend également hommage aux femmes, aux mères, aux parents et aux grands-parents qui se mobilisent sans relâche pour que leur parole soit entendue et suivie d’effets concrets en matière de protection immédiate.
Par son vœu, la quatrième vice-présidente de la Région demande donc au Conseil Régional d’interpeller l’État pour qu’il garantisse un meilleur traitement des plaintes pour violences sexuelles et intrafamiliales, en particulier celles commises sur mineurs. De plus, elle demande que l’avis du ministère de l’Intérieur et des autorités judiciaires soit sollicité pour le recrutement des agents affectés aux lycées.