Groupe UDI, Centristes et Apparentés Région Auvergne-Rhône-Alpes
Le compte administratif constitue un acte budgétaire obligatoire pour une collectivité : il retrace l’exécution réelle du budget de l’année écoulée, en recettes comme en dépenses, et permet d’apprécier la sincérité de la gestion ainsi que la trajectoire financière suivie.
Lors de l’examen du compte administratif 2025 de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, notre groupe a souhaité rappeler que derrière les chiffres se joue une question profondément politique : notre Région conserve-t-elle les moyens de choisir son avenir ? Dans un contexte national et international instable, marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes énergétiques et la fragilité des finances publiques, nous avons défendu une conviction simple : investir aujourd’hui, c’est assurer la souveraineté régionale de demain.
Avec une épargne préservée, une dette stable, une capacité de désendettement maîtrisée et un niveau d’investissement historique, ce compte administratif confirme la solidité de la trajectoire régionale. Pour notre groupe, cette bonne gestion n’est pas une fin en soi : elle permet d’investir dans les priorités essentielles de notre territoire — l’économie, l’industrie, les mobilités, l’agriculture, la formation, les communes et les services de proximité.
Parce qu’il traduit une méthode responsable, exigeante et tournée vers l’avenir, notre groupe a voté en faveur du compte administratif 2025.
« Si l’argument de la sécurité du tunnel routier du Mont-Blanc s’écoute, son doublement n’est pas une réponse ! L’impact environnemental des travaux, juste à l’aval des derniers grands glaciers alpins à 1300 mètres d’altitude, rend ce projet inenvisageable » Eric Fournier
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Un compte administratif est souvent regardé comme un exercice comptable.
Mais derrière ces chiffres, il y a en réalité une question profondément politique : notre Région a-t-elle encore les moyens de choisir son avenir ?
Dans un contexte national et international particulièrement instable, cette question est essentielle. Nous vivons dans un monde où les crises s’enchaînent : tensions géopolitiques, incertitudes énergétiques, recomposition des chaînes de valeur, concurrence internationale accrue, fragilité des finances publiques nationales…
Dans ce monde-là, la souveraineté n’est plus un mot abstrait. Elle se mesure très concrètement à notre capacité à produire, à former, à nous déplacer, à nourrir nos habitants, à protéger nos territoires et à investir sans dépendre uniquement des décisions prises ailleurs.
C’est précisément ce que nous dit ce compte administratif 2025.
Malgré les contraintes imposées par l’État, malgré le gel de certaines recettes, malgré la contribution au redressement des comptes publics, notre Région maintient une trajectoire financière solide. L’épargne brute reste à un niveau élevé, à 884 millions d’euros. La dette est stable. La capacité de désendettement s’établit à 2,9 années, un niveau très inférieur à la moyenne nationale des Régions.
Et surtout, la Région atteint un niveau d’investissement historique : 1,593 milliard d’euros investis en 2025.
Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat d’une ligne claire : maîtriser les dépenses de fonctionnement pour préserver notre capacité d’action. Ne pas céder à la facilité de la dette. Ne pas ajouter de fiscalité nouvelle aux entreprises et aux habitants. Et transformer cette rigueur en investissements utiles.
Car la bonne gestion n’a de sens que si elle permet d’agir.
Investir, d’abord, pour notre souveraineté économique et industrielle.
Notre responsabilité est de soutenir ce qui nous rend plus forts ici, en Auvergne-Rhône-Alpes : nos entreprises, nos savoir-faire, nos filières industrielles, notre capacité d’innovation et nos emplois productifs.
La Région investit pour accompagner les relocalisations, soutenir l’industrie, renforcer la recherche et l’innovation, former aux métiers de demain. Elle soutient les entreprises qui produisent, qui innovent, qui recrutent et qui prennent des risques.
La souveraineté régionale, ce n’est pas un repli. C’est au contraire la capacité d’être ouvert au monde sans être vulnérable à chaque crise.
Investir, ensuite, pour notre souveraineté des mobilités.
Là aussi, la géopolitique rejoint très concrètement la vie quotidienne. On l’a vu ces dernières années : un conflit, une tension internationale, une crise énergétique, et le prix de l’essence devient immédiatement une inquiétude pour les familles, les salariés, les étudiants, les artisans, les habitants des territoires ruraux et de montagne.
Notre responsabilité n’est pas d’opposer les modes de transport. Elle est de donner des solutions réelles.
Le train quand il est pertinent. Le car quand il est nécessaire. La route qui reste une nécessité. Les mobilités douces partout.
Avec 556 millions d’euros investis dans les transports et les mobilités décarbonées, la Région agit précisément sur ce levier : modernisation du matériel ferroviaire, gares, cars régionaux, transports scolaires, véloroutes, BHNS, mais aussi gestion des routes nationales parce que celles-ci sont essentielles à la desserte de nos territoires.
C’est cela, une politique de mobilité responsable : moins de dépendance, plus de choix, et des alternatives viables, accessibles et décarbonées pour tous les territoires.
Investir, enfin, pour notre souveraineté territoriale.
Une Région souveraine, ce n’est pas une Région où quelques grands pôles concentrent l’avenir. C’est une Région où les communes, les villages, les villes moyennes, les territoires ruraux et de montagne gardent les moyens de vivre, de produire, de transmettre et de décider.
Quand la Région soutient une maison de santé, une ligne de car, un lycée rénové, un commerce de centre-bourg ou un équipement sportif, elle ne finance pas seulement un dossier. Elle maintient de la vie, de l’activité, des services et une capacité de décision dans nos territoires.
Mais elle passe aussi, évidemment, par notre agriculture.
Parce qu’un territoire qui perd ses agriculteurs ne perd pas seulement une activité économique. Il perd une part de son autonomie alimentaire, de son identité, de ses paysages, de ses filières locales et de sa capacité à préparer l’avenir.
Soutenir l’agriculture, ce n’est donc pas seulement soutenir une profession. C’est défendre une souveraineté alimentaire de proximité, un modèle d’aménagement du territoire et une présence humaine dans des espaces qui, sans cela, se fragiliseraient.
En 2025, la Région a consacré 78 millions d’euros d’investissement à l’agriculture. Elle soutient les exploitations et leur transition, les jeunes agriculteurs, les filières et l’alimentation.
Et plus largement, avec 157 millions d’euros investis en faveur des territoires ruraux, elle accompagne les communes, les pactes territoriaux, la montagne, les villages remarquables et les projets de proximité.
C’est cela, pour nous, la souveraineté régionale.
Ce compte administratif n’est donc pas seulement le bilan d’un exercice budgétaire. Il est la preuve qu’une collectivité peut tenir ses comptes sans renoncer à ses ambitions.
Dans une période où notre pays doute de ses finances publiques, où les collectivités sont souvent appelées à contribuer davantage, où les crises nous rappellent chaque jour l’importance de garder des marges de manœuvre, notre Région fait la démonstration qu’une autre méthode est possible.
Une méthode exigeante, mais utile. Responsable, mais ambitieuse. Prudente dans la gestion, mais volontaire dans l’investissement.
Investir aujourd’hui, c’est donner à notre Région les moyens de ne pas subir demain.
C’est pourquoi notre groupe votera ce compte administratif 2025.
Je vous remercie.
Assemblée plénière du 25 juin 2026 de la Région Auvergne-Rhône-Alpes
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