Cures thermales : le Gouvernement saisit la Haute Autorité de santé pour évaluer leur service médical rendu
Une étape décisive pour la reconnaissance médicale des cures thermales
Le Gouvernement a décidé de saisir la Haute Autorité de santé afin d’engager une évaluation du service médical rendu des cures thermales. Cette décision constitue une étape majeure pour l’avenir du thermalisme français et marque une avancée attendue pour la reconnaissance de ses bénéfices médicaux.
Cette saisine représente une double victoire pour les territoires thermaux et pour les élus qui se sont mobilisés en faveur du thermalisme : le maintien du remboursement des cures thermales, d’une part, et l’engagement d’une évaluation scientifique indépendante, d’autre part.
Une demande portée par la Région Auvergne-Rhône-Alpes
Cette avancée s’inscrit dans la continuité de la mobilisation engagée par le groupe UDI, Centristes et Apparentés lorsque le Gouvernement envisageait le déremboursement des cures thermales. Face à cette perspective, les élus avaient porté un vœu régional en octobre 2025 demandant explicitement une évaluation scientifique du service médical rendu, afin de fonder les décisions publiques sur des données objectives.
Lire aussi notre article : Pour la reconnaissance du service médical rendu des cures thermales par la Haute Autorité de Santé : un enjeu pour la santé et pour nos territoires.
Cette démarche visait à défendre à la fois l’accès aux soins pour les patients et l’équilibre économique des territoires thermaux. La saisine de la Haute Autorité de santé répond aujourd’hui directement à cette demande.
Marie-Pierre Montoro Sadoux, Vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes en charge du thermalisme, réagit : « Je prends acte de cette décision, qui constitue une étape déterminante pour l’avenir du thermalisme français.
Qu’est-ce que le service médical rendu des cures thermales ?
Le service médical rendu (SMR) correspond à l’évaluation du bénéfice réel d’un traitement pour les patients. Il prend en compte l’efficacité thérapeutique, les effets sur la qualité de vie, la place dans la stratégie de soins ainsi que l’impact en matière de santé publique.
L’évaluation du service médical rendu des cures thermales permettra ainsi de mesurer, de manière objective et scientifique, leur efficacité dans la prise en charge de nombreuses pathologies chroniques, notamment en rhumatologie, en dermatologie ou encore dans certaines affections respiratoires.
Tout cela permet ainsi de confirmer son remboursement par l’Assurance maladie.
Une évaluation scientifique attendue
Autorité indépendante, la Haute Autorité de santé aura pour mission d’analyser de manière rigoureuse les données scientifiques existantes, d’évaluer les pratiques et de reconnaître, à leur juste niveau, les bénéfices du thermalisme.
Le constat est pourtant clair : malgré plus de 60 études cliniques, dont 26 publiées à l’international, la reconnaissance du thermalisme demeure encore insuffisante. Cette évaluation permettra notamment :
- un état des lieux complet des données disponibles ;
- une analyse scientifique approfondie ;
- une prise en compte des spécificités des patients ;
- une meilleure intégration du thermalisme dans le parcours de soins ;
- une clarification du service médical rendu.
Le maintien du remboursement : une première victoire
La décision de saisir la Haute Autorité de santé intervient après la mobilisation collective qui a permis de maintenir le remboursement des cures thermales dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Cette première victoire a permis de préserver l’accès aux soins pour de nombreux patients, notamment ceux atteints de maladies chroniques.
Elle a également permis de sécuriser l’activité économique de nombreux territoires thermaux, particulièrement présents en Auvergne-Rhône-Alpes.
A lire en complément, notre article sur : PLFSS / Cures thermales : le remboursement maintenu, une victoire collective pour la santé et les territoires.
Les mini-cures : une alternative complémentaire à développer
Dans ce contexte, les mini-cures constituent également une alternative intéressante à développer. Plus courtes et plus souples, elles permettent d’élargir l’accès au thermalisme, notamment pour les actifs ou les patients qui ne peuvent pas suivre une cure conventionnée de trois semaines.
Ces formats complémentaires répondent à l’évolution des besoins de santé et peuvent renforcer la prévention, l’accompagnement des pathologies chroniques et le maintien en bonne santé. Leur développement s’inscrit pleinement dans une approche moderne du thermalisme, plus accessible et adaptée aux contraintes actuelles.
Une absence de concertation regrettée
Nous regrettons toutefois l’absence de concertation préalable avec les acteurs de la filière. Les professionnels du thermalisme, les collectivités et les représentants des patients auraient dû être pleinement associés à une décision de cette ampleur.
Une telle évaluation gagnera à intégrer l’expertise de terrain et les réalités des établissements thermaux afin de refléter pleinement l’utilité du thermalisme.
Vers une reconnaissance durable du thermalisme
Grande région thermale, la Région Auvergne-Rhône-Alpes continuera de porter ce sujet au niveau national. Le thermalisme a démontré son utilité pour la santé des patients, pour la prévention et pour l’équilibre des territoires.
La saisine de la Haute Autorité de santé constitue désormais une étape décisive. Elle doit permettre d’aboutir à une reconnaissance claire, objective et durable du service médical rendu des cures thermales et de conforter leur place dans le parcours de soins.