Groupe UDI, Centristes et Apparentés Région Auvergne-Rhône-Alpes
L’annonce par la SNCF de la mise en service, à l’horizon 2027, d’une nouvelle liaison ferroviaire Lyon–Bordeaux via l’Île-de-France a ravivé un débat ancien, mais toujours sensible : la place du Massif central dans les grandes politiques nationales de transport.
Alors que cette transversale vise à améliorer les connexions entre grandes métropoles, son tracé contourne une nouvelle fois le cœur du pays, laissant à l’écart des territoires déjà confrontés à un déficit chronique d’investissements ferroviaires. Cette situation illustre un déséquilibre persistant dans l’aménagement du territoire, régulièrement dénoncé par les élus locaux et les acteurs économiques du Massif central.
Dans ce contexte, le vœu débattu en Assemblée plénière régionale vise à rappeler une exigence simple, mais fondamentale : le développement du ferroviaire ne peut se penser uniquement à l’aune des grands flux à grande vitesse. Il doit aussi répondre aux besoins des villes moyennes, des territoires ruraux et des mobilités du quotidien.
Pour les élus UDI, Centristes et Apparentés, il ne s’agit ni de s’opposer au TGV ni de freiner les liaisons inter-métropolitaines, mais de défendre une approche équilibrée, fondée sur la complémentarité entre grande vitesse et trains d’équilibre du territoire.
L’intervention d’Éric Fournier s’inscrit dans cette vision : « Il faut revoir la manière archaïque et centralisée dont est encore regardée l’aménagement du territoire et en premier lieu les mobilités. »
L’État doit assumer un choix politique clair, interrégional et cohérent, afin que le Massif central cesse d’être le grand oublié des stratégies ferroviaires nationales et retrouve toute sa place dans une mobilité plus juste et plus inclusive.
« Il faut revoir la manière archaïque et centralisée dont est encore regardée l’aménagement du territoire et en premier lieu les mobilités. » Eric Fournier
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Si l’on regarde une carte du pays avec une représentation des courbes isochrones (c’est-à-dire où l’on visualise les zones accessibles à partir d’un point donné en fonction du temps de trajet), on a l’impression de voir la France comme un couloir étriqué autour de la capitale… ça ressemble un peu à un pull en laine qui serait passé à la machine à 90°.
On voit là une conception de l’aménagement du territoire qui témoigne d’un ethnocentrisme parisien daté des trente glorieuses. Or nous le savons, si Paris reste une capitale en termes de décision, la richesse économique et l’avenir de notre pays passe par ces régions et ces territoires. Il faut revoir la manière archaïque et centralisée dont est encore regardée l’aménagement du territoire et en premier lieu les mobilités.
Ce dossier du Lyon-Bordeaux en est un révélateur, d’autres pourraient être cités car notre région est un Carrefour à l’échelle européenne, tant pour les flux Nord-Sud que pour les axes Ouest-Est. Nous soutiendrons donc pleinement ce vœu collectif. Mais pour peser dans le débat, il nous faudra sans doute prendre part au tour de table et nous sommes persuadés qu’en matière, il est possible de faire mieux, à dépenses égales.
Pour cela, nous suggérons que soit réalisée une mission d’évaluation par des experts indépendants, des conditions et des modalités d’exécution des travaux ferroviaires réalisés par les SNCF réseaux. De l’argent est investi, mais nous avons le sentiment, au regard des conditions de ces travaux sur plusieurs opérations, qu’on peut faire mieux et souvent à moindre coût.
C’est probablement plusieurs centaines de millions d’euros qui pourraient être économisés chaque année à l’échelle nationale sur le sujet, nous tenons à disposition pour travailler ce sujet à vos côtés.
Merci président.
Assemblée plénière du 18 et 19 décembre 2025 de la Région Auvergne-Rhône-Alpes
Vœu / Ligne ferroviaire Lyon-Bordeaux
Thématique : Transports