Groupe UDI, Centristes et Apparentés Région Auvergne-Rhône-Alpes
La montagne ne se résume pas à ses pistes de ski ni à ses grandes stations. Elle est aussi un lieu de vie, de travail et d’activité économique, où des habitants, des artisans, des agriculteurs et des saisonniers font vivre les vallées tout au long de l’année. Préserver cette vitalité suppose d’accompagner les territoires face aux défis du changement climatique, du logement et de l’évolution des activités touristiques.
Avec le Plan Montagne Ambition 2030, la Région Auvergne-Rhône-Alpes poursuit son engagement en faveur de ces territoires. Le doublement du plafond d’aide aux petites et moyennes stations, porté à 400 000 euros, leur donne davantage de moyens pour investir et diversifier leur offre. La création d’un dispositif dédié au logement des saisonniers répond également à une difficulté majeure pour les stations : permettre à celles et ceux qui les font vivre de s’y loger. Le plan renforce par ailleurs l’accompagnement des investissements liés à la transition écologique.
À l’approche des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030, le groupe UDI, Centristes et Apparentés défend une ambition qui dépasse les seuls sites de compétition. Cet événement doit être une occasion d’accélérer l’aménagement du territoire et de construire un héritage durable pour l’ensemble des massifs. Cette vision globale renforce le tourisme d’hiver et d’été, agit sur l’économie locale et l’emploi, les mobilités, le logement et les services.
Nous avions l’ambition de faire d’Auvergne-Rhône-Alpes la première montagne durable d’Europe. Gardons ce cap, mais allons plus loin : faisons de notre région une référence mondiale, exemplaire par sa capacité à concilier activité économique, qualité de vie, solidarité entre les territoires et respect de l’environnement.
Eric Fournier – Conseiller régional d’Haute-Savoie
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Il n’y sans doute pas de plus bel hommage pour un homme engagé que de voir une politique publique qu’il a initié se poursuivre, et le passage de ce rapport après l’hommage qui vient d’être rendu à Gilles Chabert illustre bien ce fait.
En effet, depuis 2016, la région Auvergne Rhône Alpes s’est engagée pour préserver et valoriser ses territoires de montagne. Cent millions d’euros ont été mobilisés et 277 projets soutenus, avec une vision, celle de faire vivre la montagne, pas seulement de la faire visiter. Et c’est tout le sens de ce nouveau rapport et du Plan Montagne Ambition 2030.
La singularité des espaces montagnards ne se résument ni à ses paysages, ni à ses pistes de ski, ni à sa fréquentation touristique.
La montagne, ce sont des habitants, des familles, des entreprises, des agriculteurs, des artisans, un mode de vie. Ce sont des jeunes qui doivent pouvoir se loger, y construire leur avenir, une économie vivace et déjà largement diversifiée, des communes qui doivent pouvoir maintenir leurs services.
Si le bilan depuis 2016 témoigne d’une réelle dynamique, les défis restent encore nombreux : rapide accélération de phénomènes climatiques extrêmes, évolution des pratiques touristiques, accès au logement, préservation des équilibres entre fréquentation touristique, diversification économique et maintien de la qualité environnementale des sites.
Notre région est riche d’une très grande diversité montagnarde, des stations les plus réputées aux sites de pleine nature plus discrets, qui offrent chacun des atouts incontestables au sein de notre grande région. Poumon vert pour nos 8 millions d’habitants et destinations de vacances et de loisir à la réputation mondiale nos montagnes ne disposent ni des mêmes ressources naturelles, ni des mêmes moyens, ni des mêmes atouts. Et c’est précisément cette diversité qui fait la richesse de nos massifs.
Nous ne devons pas opposer nos montagnes : nous devons les faire fonctionner en réseau. Construire un maillage d’offres complémentaires, où chaque territoire apporte sa singularité : les activités hivernales bien sûr, avec le ski alpin et les activités nordiques, mais aussi les loisirs de pleine nature, la randonnée, le patrimoine, la culture, les savoir-faire locaux et la richesse de productions agricoles ancestrales.
Cette complémentarité doit dépasser le tourisme. Elle concerne aussi l’emploi, la formation (avec un lien très fort avec les activités des zones de piémont de nos massifs) les mobilités, le logement et l’accès aux services. Car une montagne attractive est d’abord une montagne où l’on peut vivre, travailler et se déplacer toute l’année.
Je veux à ce titre évoquer la transversalité de la politique d’aide aux territoires de montagne, qui s’exprime effectivement dans ce rapport, mais également dans le soutien régional aux filières, aux différents clusters soutenus par la Région et qui œuvrent en zone de montagne. Car si la montagne est un lieu de tradition, c’est aussi un lieu d’innovations exceptionnel, ou sont expérimentées les solutions de demain.
Ce rapport propose notamment le doublement du plafond d’aide aux petites et moyennes stations, porté à 400 000 euros, qui leur donnera davantage de moyens pour investir et adapter leur offre. La création d’un dispositif pour le logement des saisonniers répond également à une urgence : on ne peut pas prétendre faire fonctionner une station si celles et ceux qui la font vivre ne peuvent plus s’y loger. Il faut également citer les efforts qui doivent être accomplis pour le logement des habitants permanents dont la pluriactivité est consubstantielle à leur mode de vie.
Enfin, il y a l’adaptation. Nous le voyons saison après saison, en montagne, les effets du changement climatique doivent conduire à une action rapide et déterminée. Diversifier les activités, adapter les territoires aux évolutions constatées en matière de risques naturels, réduire les consommations d’énergie, développer les énergies renouvelables et décarboner les équipements sont autant de leviers pour préparer l’avenir. Il ne s’agit pas de renoncer à l’économie de montagne, mais de lui donner les moyens de s’adapter pour être durable.
C’est aussi avec cette vision que nous devons préparer les Jeux de 2030 : en faisant de cet événement un bénéfice concret pour tous nos territoires, et pas seulement pour les sites olympiques et paralympiques. Le rapport présenté va dans ce sens.
L’ambition de faire d’Auvergne-Rhône-Alpes la première montagne durable d’Europe est forte. Gardons ce cap, mais allons plus loin : faisons de notre région une référence mondiale, exemplaire par sa capacité à concilier activité économique, qualité de vie, solidarité entre les territoires et respect de l’environnement.
La réussite de la montagne de demain ne se mesurera pas seulement à sa fréquentation, mais à sa capacité à rester un territoire où l’on peut vivre, travailler et bâtir son avenir.
C’est cette ambition collective que nous devons porter en votant ce rapport.
Je vous remercie.
Eric Fournier – Conseiller régional d’Haute-Savoie
Monsieur le Président, Mes chers collègues,
Au nom du groupe UDI, Centristes et apparentés, je souhaite rendre hommage à Gilles Chabert, qui nous a quittés la semaine dernière.
On disait de lui qu’il était l’homme le plus influent au-dessus de 1000 mètres. Gilles connaissait la montagne de l’intérieur. Il en connaissait les métiers, les contraintes, les réalités économiques et humaines. Il savait combien cet univers est précieux pour notre région, son attractivité et son identité.
Pendant dix ans, il s’est engagé au service de notre territoire. Son action a contribué à façonner la politique régionale de la montagne et les dispositifs que nous connaissons aujourd’hui. Jusqu’au projet des Jeux olympiques et paralympiques de 2030, pour lequel son engagement a été déterminant et sa vision essentielle, il n’a cessé de défendre la place de la montagne dans l’avenir de notre région.
Depuis 2016, j’ai eu l’occasion de travailler à ses côtés au sein de la commission Montagne. Je garderai le souvenir d’un homme de caractère, direct, passionné, qui défendait ses idées sans détour et savait aussi, par son humour, donner un autre ton à nos échanges.
Aujourd’hui, c’est une voix singulière de la montagne qui s’éteint. Mais son engagement continuera de vivre à travers les politiques qu’il a contribué à construire et les femmes et les hommes qu’il a rassemblés autour de cette passion commune.
Au nom de notre groupe, j’adresse nos pensées les plus sincères à sa famille, à ses proches et à toute la communauté de la montagne, en particulier aux « pulls rouges. »
Gilles, merci pour ton engagement. Tu vas nous manquer.
Karine Lucas
Assemblée plénière du 22 octobre 2026 de la Région Auvergne-Rhône-Alpes
Plan Montagne Ambition 2030 / rapport n° : AP-2026-10 – 04-106401
Thématique : Montagne